Respecter l'arbitre au foot : joueurs, parents et éducateurs
Respecter l'arbitre, ce n'est pas être d'accord avec toutes ses décisions. C'est accepter qu'il en prenne, qu'il se trompe parfois, et que le match continue. Dans le foot amateur et chez les jeunes, l'arbitre est souvent un bénévole, un éducateur ou un adolescent du club. Le comportement des joueurs, des parents et surtout de l'éducateur décide de l'ambiance du match. Voici ce que chacun peut faire, concrètement.
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Dans cet article
Pourquoi respecter l'arbitre change tout chez les jeunes
Sans arbitre, il n'y a pas de match. Dans beaucoup de districts, les clubs ont du mal à trouver assez d'arbitres officiels pour couvrir toutes les rencontres du week-end, et une partie de ceux qui commencent arrêtent après une ou deux saisons. Les insultes et la pression du bord de terrain sont souvent citées parmi les raisons de ces abandons.
Chez les plus jeunes, la question se pose autrement. Dans le football d'animation, les rencontres sont souvent dirigées par un éducateur, un dirigeant ou un jeune du club, et certains plateaux de foot à 5 pratiquent l'auto-arbitrage, où les enfants gèrent eux-mêmes les sorties et les fautes. Les modalités varient selon les districts. Ce qui ne varie pas : les enfants observent les adultes. Un éducateur qui conteste chaque coup de sifflet apprend à ses joueurs que l'arbitre est un adversaire.
La FFF a d'ailleurs fait des « règles du jeu et de l'arbitrage » l'un des thèmes de son Programme Éducatif Fédéral, qui propose aux clubs des fiches pour les catégories U6 à U19 : comprendre une décision, tenir soi-même le rôle d'arbitre, respecter les règles.
Le rôle de l'éducateur : donner l'exemple
L'éducateur est la personne la plus écoutée du bord de terrain. Son attitude donne le ton aux joueurs et aux parents.
- Saluer l'arbitre avant et après le match, en lui serrant la main, devant les joueurs.
- Ne pas commenter les décisions à voix haute. Si une explication est nécessaire, la demander calmement à la mi-temps ou après le match.
- Corriger ses propres joueurs qui protestent, même quand la décision semble fausse.
- Parler du match, pas de l'arbitrage dans la causerie d'après-match. « On a perdu à cause de l'arbitre » enlève aux joueurs toute responsabilité sur ce qu'ils peuvent améliorer.
- Remercier l'arbitre bénévole ou le jeune du club, surtout après un match difficile.
Les joueurs : accepter la décision et rejouer
Un joueur qui proteste perd deux fois : il ne change pas la décision, et il n'est plus concentré sur l'action suivante. Pendant qu'il discute, l'adversaire joue rapidement le coup franc. L'acceptation de la décision est une compétence qui se travaille à l'entraînement.
Trois idées pour travailler le respect à l'entraînement
- L'arbitre du jour : en fin de séance, pendant le match, un joueur arbitre à tour de rôle avec un sifflet. Les autres doivent accepter ses décisions sans discuter. Après le match, on lui demande comment il a vécu les contestations.
- Le match sans contestation : dans un jeu réduit, chaque protestation donne un coup franc à l'adversaire. Les joueurs comprennent vite que discuter coûte cher.
- L'éducateur se trompe volontairement : il siffle quelques décisions fausses dans un match d'entraînement. On observe les réactions, puis on en parle : qu'est-ce qu'on fait quand on pense que l'arbitre s'est trompé ?
La réponse à cette dernière question doit être claire et répétée : on se replace, on rejoue, on en parle après si besoin. Une erreur d'arbitrage fait partie du jeu, comme une passe ratée.
Les parents et le respect de l'arbitre au bord du terrain
Les parents ne sont pas toujours conscients de l'effet de leurs remarques. Un « Arbitre, t'es nul ! » crié pendant un match U11 est entendu par l'arbitre, par les enfants des deux équipes et par l'enfant du parent concerné, souvent gêné.
- Encourager les joueurs, ne pas commenter l'arbitrage.
- Rester derrière la main courante ou dans la zone prévue pour le public.
- Ne jamais aller voir l'arbitre à la fin du match pour contester.
- Quand l'arbitre est un adolescent, se rappeler qu'il a l'âge d'un grand frère ou d'une grande sœur.
Le club peut faire signer une charte aux parents en début de saison et désigner un dirigeant référent qui intervient calmement si la tension monte. Nous détaillons ces pistes dans l'article sur les parents au bord du terrain.
Les jeunes arbitres : les protéger et les encourager
En France, on peut suivre la formation initiale d'arbitre à partir de 13 ans, selon les conditions fixées par les ligues (par exemple, en Pays de la Loire, 13 ans au 1er janvier de la saison). Beaucoup de jeunes arbitres sont aussi joueurs dans leur club. Ils arbitrent des rencontres de catégories plus jeunes, souvent devant des adultes.
Ces jeunes ont besoin d'un cadre rassurant :
- Un dirigeant du club présent au bord du terrain, identifié comme référent de l'arbitre, qui l'accueille et l'accompagne au vestiaire.
- Une annonce simple avant le match aux deux bancs : « L'arbitre a 15 ans, merci de le laisser travailler. »
- Un retour après le match, sur ce qui s'est bien passé, et un contact avec la commission d'arbitrage du district si un incident a eu lieu.
- Des éducateurs des deux équipes qui montrent l'exemple.
Que faire après une décision qui semble fausse ?
Il y aura des erreurs. Un hors-jeu mal jugé, une main non sifflée, un but refusé. La façon d'y réagir s'apprend.
| Moment | Ce que fait l'éducateur |
|---|---|
| Sur le moment | Il ne proteste pas, il replace ses joueurs et donne une consigne sur l'action suivante. |
| À la mi-temps | Il parle du jeu. Si une précision est nécessaire, il la demande calmement à l'arbitre, sans témoins. |
| Après le match | Il remercie l'arbitre. Il explique aux joueurs que la décision fait partie du match. |
| Si un incident grave a eu lieu | Il le signale par les voies officielles (rapport, feuille de match, district), pas sur les réseaux sociaux. |
Le message aux enfants est simple : on ne contrôle pas l'arbitre, on contrôle sa propre réaction. C'est vrai au foot comme ailleurs.
Questions fréquentes
Comment apprendre aux enfants à respecter l'arbitre ?
Par l'exemple des adultes d'abord, puis par des situations à l'entraînement : faire arbitrer les joueurs à tour de rôle, sanctionner les contestations dans les jeux réduits, parler des erreurs d'arbitrage après le match. Une règle d'équipe claire aide beaucoup.
À partir de quel âge peut-on devenir arbitre de football ?
En France, la formation initiale d'arbitre est en général accessible à partir de 13 ans, selon les conditions de chaque ligue. Renseignez-vous auprès de la commission d'arbitrage de votre district ou de votre ligue.
Que faire si un parent insulte l'arbitre ?
Un dirigeant du club intervient calmement et rappelle les règles du club. Si le comportement continue, l'éducateur peut demander l'arrêt momentané du jeu. Le club peut ensuite rencontrer le parent et s'appuyer sur la charte signée en début de saison.
L'éducateur peut-il parler à l'arbitre pendant le match ?
Il peut lui demander calmement une précision à un arrêt de jeu ou à la mi-temps, mais il ne doit pas contester ses décisions. Une réclamation formelle se fait par les voies prévues par le règlement de la compétition.
Sources
Vérifié en octobre 2026. Les règles et les catégories varient selon la ligue et la saison ; vérifiez le règlement local.